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Robin-des-pains

Résistance d'une corde

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Le bonsoir à tous,

Voilà un petit moment que je me triture l'esprit au sujet du nombre de brin dans une corde suivant l'épaisseur du brin et du nombre de toron. La finalité étant de faire une corde résistante, en fibre naturelles ici du lin, pour l'arc et de diamètre acceptable pour les flèches.

J'explique, (en essayant d'être clair...). En parcourant le forum et en discutant avec quelques personnes, je me suis rendu compte qu'il y avait au moins deux façons, dans la fabrication, de pouvoir augmenter la résistance d'une corde sans changer la méthode de calcule ni la matière de la fibre. En diminuant le diamètre du brin utilisé et en augmentant le nombre de torons.

En gardant ces deux notions en tête, pour une corde torsadée à deux torons d'un arc de 40#,

  • Avec un brin A d'une rupture de 30# constitué de 7 fils, cela donne une corde de 6 brins soit 42 fils: 40x4=160, 160/30= 5.33 arrondie à 6,  6x7 fils= 42 , avec un diamètre d'environ  2.6mm
  • Avec un brin B d'une rupture de 6# constitué de 2 fils , cela donne une corde de 28 brins soit 56 fils: 40x4=160, 160/6= 26.66 arrondie à 28, 28x2 fils=56, avec un diamètre d'environ 3,2mm

On remarque que pour le brin B qui est plus fin, j'obtiens une corde plus épaisse avec un nombre de fils plus élevé, mais de même résistance (d'après le calcul) qu'avec le brin A.  Or en reprenant les notions dites plus haut à savoir un brin fin et un nombre de torons élevés augmentent la résistance de la corde, je peux sans doute diminuer le diamètre de la corde tout en assurant une solidité suffisante.

Ne sachant pas trop comment m'y prendre pour choisir le nombre de brins de cette fameuse corde. Je décide de mettre le même nombre de fils (et non de brins) que la corde fabriquée avec le brin A soit 42 mais avec le brin B. Ce qui donne une corde de 42 fils soit 21 brins (B): 42/2 fils= 21, avec un diamètre d'environ 2.5.   De plus pour m'assurer de sa solidité je lui fait trois torons.

Ce que je peux en conclure, c'est que (pour l'instant) la corde et l'arc fonctionne toujours après une soixantaine de flèches. 

Après j'ai des questions (pour ceux qui sont encore là:sweatingbullets:):

  • Déjà que pensez vous du raisonnement? Juste , faux? 
  • S'il est juste, existe-il une formule mathématique qui permettrait "d'anticiper" cette hausse de résistance dû aux brins fins et au nombre de torons? 
  • Le fait de réduire le diamètre de la corde peut -il influencer (en mal) la durée de vie de l'arc?

Question bonus, par curiosité et sans vouloir la remettre en question ou autres, d'où vient la formule habituelle: (x*4)/y où x est la puissance de l'arc et y le poids de rupture d'un brin?.

P.S.: Simple réflexions personnelles, mais il est peut-être possible aussi que suivant le type d'arc( monoxyle, lamellé, fibre, recurve,  siyahs....) la résistance nécessaire pour une corde évolue. Non?

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Il y a trois ans, je crois, j'avais fait quelques essais de résistance, on en a parlé mais je ne sais plus dans quel sujet, je n'avais fait que quelques essais sur le nombre de brins, mais ce n'était pas significatif, j'en reste à des nombres de brins asses faibles (8 (Campbell's 232) ou 12 brins (Campbell's 332) par cordes pour des arcs de 60 et 65#).

Par contre il faut impérativement utiliser la même bobine pour la corde, si on mélange des fils de bobines différentes le lin étant une mat!ère naturelle d'une bobine à l'autre il peut y avoir des différences de résistance ou d'élasticité ce qui peut énormément fragiliser une corde.

J'avais aussi essayé différentes factures et j'ai abandonné les cordes toronnées pour de bêtes cordes "Flamandes", ça doit faire un millénaire que ça marche, alors je ne vois pas l'intérêt des cordes toronnées, surtout avec du fil de lin moderne. On gagne en poids, on économise sur la longueur de fil utilisé, on a des cordes plus dynamiques et tout aussi résistantes, si ce n'est plus résistantes.

J'avais prévu de faire un truc détaillé, mesure de la vitesse, résistance, comparaison du lin de la soie  et du Dacron sur un arc monoxyle, etc mais je n'ai pas eu le temps.

 

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Le 27/04/2019 à 10:56, PhilB a dit :

Il y a trois ans, je crois, j'avais fait quelques essais de résistance, on en a parlé mais je ne sais plus dans quel sujet, je n'avais fait que quelques essais sur le nombre de brins, mais ce n'était pas significatif, j'en reste à des nombres de brins asses faibles (8 (Campbell's 232) ou 12 brins (Campbell's 332) par cordes pour des arcs de 60 et 65#).

Zut ça ne me dis rien...je chercherais ça. 

Ce qui m’intéresse surtout c'est la manière dont on peut appréhender l'augmentation de la résistance d'une corde, suivant le nombre de torons et le nombre de brin ou de fils qui la composent. De manière mathématique, ou empirique...

Le 27/04/2019 à 10:56, PhilB a dit :

Par contre il faut impérativement utiliser la même bobine pour la corde, si on mélange des fils de bobines différentes le lin étant une mat!ère naturelle d'une bobine à l'autre il peut y avoir des différences de résistance ou d'élasticité ce qui peut énormément fragiliser une corde.

Exacte je l'ai appris à mes dépends il y a quelques années déjà!

 

Le 27/04/2019 à 10:56, PhilB a dit :

J'avais aussi essayé différentes factures et j'ai abandonné les cordes toronnées pour de bêtes cordes "Flamandes", ça doit faire un millénaire que ça marche, alors je ne vois pas l'intérêt des cordes toronnées, surtout avec du fil de lin moderne. On gagne en poids, on économise sur la longueur de fil utilisé, on a des cordes plus dynamiques et tout aussi résistantes, si ce n'est plus résistantes.

J'ai toujours eu du mal avec les dénominations de cordes... Quand tu dis flamande,  les deux boucles sont torsadées et la parties centrale est  torsadée mais très légèrement, c'est ça?:hmm:

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Une corde d'arc ce n'est pas la même chose qu'une vulgaire corde, sauf peut-être si on fait une corde toronnée en matériaux naturels, là c'est le même principe. Il y a eu une discussion sur les cordes à 3 torons et plus sur le forum il y a quelques années, je ne suis pas certains que les exigences soient les mêmes pur une corde d'arc et celles de marine par exemple.

Les cordes d'arc ne cassent pas si facilement et le plus souvent c'est aux poupées. Pour les cordes d'arc javais remarqué que "trop" toronnées ça pouvait les fragiliser.

En gros il y a 3 types de cordes :

- La "Endless" (sans fin) ou c'est un même fil qui est enroulé plusieurs fois sur un chassis, au final on fait les boucles comme le tranche-fil ( c'est la corde qu'utilises tous les arcs modernes)

- La "Flamande" on prend 2 jeux de x fils et on fais les boucle et arrête la corde en toronnant en faisant revenir sur eux les fils sur une grosse quinzaine de cm. si elle est bien faite lorsque les 2 boucles sont faites tous les fils sont parallèles et on les vrille ensemble pour la finition, la recommandation pour les fibres moderne est d'une vrille tous les 2,5 cm.

- La corde toronnée en fibres naturelles, tu pars de x jeux de x brins, chaque jeu de fils est torsadé dans un sens, puis ils sont torsadés ensemble en sens inverse. Il y a plusieurs manière de faire les boucles. La corde est torsadée tout du long comme n'importe quelle corde quel que soit son usage.

Il doit y avoir des sujet qui expliquent de manière approfondie comment faire chaque type de corde.

Edited by PhilB

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Le 27/04/2019 à 00:35, Robin-des-pains a dit :

........

Question bonus, par curiosité et sans vouloir la remettre en question ou autres, d'où vient la formule habituelle: (x*4)/y où x est la puissance de l'arc et y le poids de rupture d'un brin?.

P.S.: Simple réflexions personnelles, mais il est peut-être possible aussi que suivant le type d'arc( monoxyle, lamellé, fibre, recurve,  siyahs....) la résistance nécessaire pour une corde évolue. Non?

ta formule est classique et je crois communément admise par tous les archers et je crois qu'elle convient pour quasiment tous les types d'arc à l'exclusion des compound (et encore je ne saurai dire).

en fait dans ton explication je crois que tu aurais intérêt à règler les questions de vocabulaire ca clarrifierai beaucoup de chose et te simplifierai certainement la vie

pour faire simple comme tu pars de fils déja constitué il faut que tu associes un nombre de brins suffisant pour que la résistance de la corde soit au moins égale à 4 fois la puissance de l'arc. donc si tes brins résistent à une tension de 10 livres, pour un arc de 40 livres tu dois avoir une corde résistant à 4 * 40 livres = 160 livres 

il te faut donc 16 brins résistants à 10 livres.

Après il faut choisir le type de corde que tu désires, comme dit philB tu as 3 possibilités :

 

la corde endless (qui est un échevau sans fin) ou les fils ne sont tenu ensemble que par le tranchefil au centre et les tranchefils des poupées. Dans notre cas tu réaliseras 8 boucle complètes pour totaliser 16 fils.

la corde torsadée sur toute sa longueur, ca fonctionne c'est plus long à faire je ne sais pas si cel apporte des avantages en terme de solidité. Si tu décides de faire ta corde à partir de fibres naturelles brutes (pas de fils de fibres naturelles (je suppose que tu saisi la nuance)) tu ne pourras faire que ce type de corde

la corde flemish qui n'est torsadée qu'au niveau des boucles. La partie centrale de la corde étant constituée des fils gardés parallèles en écheveau comme dans la corde endless.

attention !!! je ne crois pas que PhilB l'ait précisé mais concernant la torsion de la corde, si le sens de torsion est indifférent pour la corde endless (mais toujours le même pour une corde donnée) pour la corde flemish et la corde torsadée la torsion doit toujours se faire dans le sens qui renforcera la torsion des boucles (sinon ta corde va se défaire !) et ce sens de torsion est souvent fonction de la latéralisation du fabricant (droitier ou gaucher).

Remarque :

ta corde (surtout pour les torsadée et les flemish) doit toujours avoir un nombre pair de brin de façon à avoir des torons constitués du même nombre de fils (donc la même grosseur). C'est en général le cas pour les endless aussi mais la justification mécanique est moins directe.

PhilB à raison quand il dit qu'ul torsion excessive affaiblit la corde car elle stresse inutilement les fibres

dans le cas des cordes endless et flemish les archers et fabricants font en général des cordes à 2 torons. Il est possible de faire des cordes à 3 torons (il faut alors un nombre de brins divisible par 3), ces cordes sont en général plus solides et plus fines car à % de torsion identiques, il y a plus de frictions entre les torons et donc une meilleure répartition des charges. Contrairement à ce que dit PhilB il n'y a pas autant de différences en terme de résistance mécanique entre une corde de marine et une corde d'arc, et il est bine connu dans le monde de la marine qu'une corde constituée de 2 torons de 6 fils (12 fils au total) est moins solide qu'une corde de 3 torons de 4 fils (12 brins au total). J'utilise des cordes (en lin) flemish à 3 torons depuis des années et elles durent au moins aussi longtemps que les flemish à 2 torons elles ont l'avantage d'être plus fines.

Sur le schéma ci-dessous qui illustre une coupe de corde à 2 et à 3 torons tu peux aisément te rendre compte que dans la corde à 2 torons la zone de friction de chaque toron avec l'autre est limitée, tandis que dans la corde à 3 torons chaque torons étant en contact avec les 2 autres les zones de contact sont doublées il s'ensuit une meilleure répartition des efforts entre les torons et donc une corde plus solide (les tests qui avaient été fait sur des cordes de chanvre à l'époque de Louis XIV (le tas c'est moi) par Duhamel du Monceau montrait au'à quantité de matière égale une corde à 3 torons était presque 2 fois plus solide qu'une corde à 2 torons.

même si les archers utilisent rarement cette technique, je crois que Ropebow commercialise des flemish à 3 torons et je connais des archers de parcours qui ne jurent que par elles ...

sur le raccourci ci-dessous quelques indication complémentaires

 http://paleosite.free.fr/mesact/corde/CORDES3.htm

schéma17.jpg

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@ bigfoot : comme d'hab j'ai tendance à manquer de précision, lorsque je parle des différences d'exigences entre les cordes en général et les cordes d'arcs ce n'est pas au niveau de la résistance, c'est par exemple au niveau de l'élasticité ou autres caractéristiques qui favoriseront la vitesse de propulsion des flèches.
Par exemple une corde torsadé sera au moins 20% plus lourde qu'une Flamande ( je l'avais mesuré mais il faudrait que je cherche dans mes notes) ça fait perdre de la vitesse. D'après mes essais une corde torsadée à nombre de brins identique par rapport à une Flamande était moins résistante sur un arc (il y avait eu quelques quiproquos lors d'une discussion à ce sujet il y a quelques années).

Pour le nombre de torons il peut être intéressant de l'augmenter à 3 ou + de torons pour une corde en général et pour une corde d'arc toronnée, mais il semble que nous sommes d'accord pour les cordes Flamande ou Endless les fils entre les boucles sont parallelles puis simplement vrillés pour régler le band, on ne peut donc parler de Flamande ou Endles à x torons pour ces cordes (sur une Flamande seules les boucles peuvent être à x torons et ceci dans la partie non significative de ses performances).

Désolé pour mon manque de précision dans mon vocabulaire, j'espère avoir été compréhensible.

PS : un artisan a commercialisé une corde sous l'appellation "3 torons", vu mon imprécision de vocabulaire je ne sais si le terme est juste puisque en fait deux des "torons" sont traités de la manière habituelle des Flamandes, le troisième étant fortement vrillé sur lui-même puis autour des deux autres brins, ceci n'augmentant en rien la résistance, bien au contraire. Sur une corde en lin avec un facteur 4 de résistance ce type de corde casserait de suite il me semble et ne résiste sur les fibres modernes que grâce au facteur de résistance bien supérieur( par exemple pour un arc 50# et une corde Dacron de 14 brins on a une résistance du côté de 700# (et plus du double avec les Fast Flight ou autres), c'est bien loin du facteur de résistance de 4 pour le lin)

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Merci à vous deux pour les précisions apportées!

Il y a 11 heures, bigfoot a dit :

en fait dans ton explication je crois que tu aurais intérêt à règler les questions de vocabulaire ca clarrifierai beaucoup de chose et te simplifierai certainement la vie

A quel niveau? Dans les différents terme qui désigne les composant d'une corde, comme brin et fil?

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Le 30/04/2019 à 21:31, Robin-des-pains a dit :

Merci à vous deux pour les précisions apportées!

A quel niveau? Dans les différents terme qui désigne les composant d'une corde, comme brin et fil?

je ne t'oublie pas mais pour le moment je suis un peu overbooké je reviens vers toi prochainement

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Le 30/04/2019 à 11:46, PhilB a dit :

@ bigfoot : comme d'hab j'ai tendance à manquer de précision, ...

 

 

et comme dit le proverbe chassez le naturel il revient au galop ....

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Le 27/04/2019 à 00:35, Robin-des-pains a dit :

Le bonsoir à tous,

Voilà un petit moment que je me triture l'esprit au sujet du nombre de brin dans une corde suivant l'épaisseur du brin et du nombre de toron. La finalité étant de faire une corde résistante, en fibre naturelles ici du lin, pour l'arc et de diamètre acceptable pour les flèches.

J'explique, (en essayant d'être clair...). En parcourant le forum et en discutant avec quelques personnes, je me suis rendu compte qu'il y avait au moins deux façons, dans la fabrication, de pouvoir augmenter la résistance d'une corde sans changer la méthode de calcule ni la matière de la fibre. En diminuant le diamètre du brin utilisé et en augmentant le nombre de torons.

En gardant ces deux notions en tête, pour une corde torsadée à deux torons d'un arc de 40#,

  • Avec un brin A d'une rupture de 30# constitué de 7 fils, cela donne une corde de 6 brins soit 42 fils: 40x4=160, 160/30= 5.33 arrondie à 6,  6x7 fils= 42 , avec un diamètre d'environ  2.6mm
  • Avec un brin B d'une rupture de 6# constitué de 2 fils , cela donne une corde de 28 brins soit 56 fils: 40x4=160, 160/6= 26.66 arrondie à 28, 28x2 fils=56, avec un diamètre d'environ 3,2mm

On remarque que pour le brin B qui est plus fin, j'obtiens une corde plus épaisse avec un nombre de fils plus élevé, mais de même résistance (d'après le calcul) qu'avec le brin A.  Or en reprenant les notions dites plus haut à savoir un brin fin et un nombre de torons élevés augmentent la résistance de la corde, je peux sans doute diminuer le diamètre de la corde tout en assurant une solidité suffisante.

Ne sachant pas trop comment m'y prendre pour choisir le nombre de brins de cette fameuse corde. Je décide de mettre le même nombre de fils (et non de brins) que la corde fabriquée avec le brin A soit 42 mais avec le brin B. Ce qui donne une corde de 42 fils soit 21 brins (B): 42/2 fils= 21, avec un diamètre d'environ 2.5.   De plus pour m'assurer de sa solidité je lui fait trois torons.

Ce que je peux en conclure, c'est que (pour l'instant) la corde et l'arc fonctionne toujours après une soixantaine de flèches. 

Après j'ai des questions (pour ceux qui sont encore là:sweatingbullets:😞

  • Déjà que pensez vous du raisonnement? Juste , faux? 
  • S'il est juste, existe-il une formule mathématique qui permettrait "d'anticiper" cette hausse de résistance dû aux brins fins et au nombre de torons? 
  • Le fait de réduire le diamètre de la corde peut -il influencer (en mal) la durée de vie de l'arc?

Question bonus, par curiosité et sans vouloir la remettre en question ou autres, d'où vient la formule habituelle: (x*4)/y où x est la puissance de l'arc et y le poids de rupture d'un brin?.

P.S.: Simple réflexions personnelles, mais il est peut-être possible aussi que suivant le type d'arc( monoxyle, lamellé, fibre, recurve,  siyahs....) la résistance nécessaire pour une corde évolue. Non?

Je reviens un peu tard sur le sujet, mais comme dit le proverbe mieux vaut tard que jamais !

Pour commencer et bien se comprendre, je crois qu’il faut clarifier la notion de fil, de brin et de torons. Je te propose de prendre les définitions qui sont classiquement utilisées en corderie ou en marine  (et comme disait l’autre couillon en créant l’ordre de la jarretière « Honni soit qui mal y pense »:

Un fil est un assemblage de fibres textiles assemblées par torsion. Il y a 2 types de fils : le fil simple et le fil retors

 Le fil simple est constitué de fibres assemblées par une seule torsion. Si tu relâches les 2 extrémités du fil la torsion de défait plus ou moins complètement. Ce type de fil n’a pas de tenue. La torsion du fil peut être en S ou en Z (selon le sens de torsion donné aux fibres (horlogique ou anti-horlogique).

Le fil retors (je pense que les fils dont tu parles sont des retors) résulte de l’addition d’au moins 2 fils. Ces fils (qui ont tous la même torsion S ou Z) sont assemblés par torsion en Z ou S. ce genre de fil est « stable » car les deux niveaux de torsion (torsion des fibres pour former les fils, et torsion des fils pour former le retors)

Ce que tu appelles « brin A et B » n’est pas clair. S’agit-il d’un assemblage de fils que tu réalises ou de ton fil de initial (déroulé de la bobine) (qui serait alors un retors de 7 fils simples) ?. Quand tu parles d’une corde avec 6 brins de 7 fils soit 42 fils. Tu annonces une résistance de 30 # pour 7 fils et comme tu as 6 brins j’en déduis une résistance de 180 # pour ta corde. Correct ?

Si mon interprétation est correcte, le nombre de fils simple constituant ton fil retors de départ est indifférent (l’important étant la solidité du fil retors complet). Je pense qu’avec ton calcul tu te compliques la vie en passant par des étapes non nécessaires. Connaissant la force de ton arc et la résistance de ton fil il te suffit de diviser la résistance attendue de la corde (4 X la force de l’arc) par la résistance d’un fil. Tu obtiens ainsi directement le nombre de fils nécessaires pour ta corde.

Si on compte par rapport à nombre de fils de ton retors (ce que tu appelles brin) de départ les fils constituant le retors/brin A ont une résistance d’un peu plus de 4 # chaque (30#pour 7 fils) tandis que ton retors/brin B n’offre qu’une solidité de 3#par fil il est donc logique que la corde faite avec le retors/brin B soit plus épaisse puisqu’elle contient plus de matières :

6 retors/brins à 7 fils = 42 fils

28 retors/brins à 2 fils = 56 fils

ta corde avec le retors/brins à 7 fils me semble donc meilleure. Mais tout ceci n'est qu'une estimation théorique basée sur les données dont tu disposes. Quand tu réalises une corde torsadée et que tu assembles les différents fils par  retorsion (en 2 ou 3 torons) l'indice de torsion que tu assigne à la corde lors de la fabrication et qui sera variable selon l'artisan peut, si il est excessif être dommageable pour la corde. En général quand on assemble les fils par torsion comme dans une corde flemish (torsadèe uniquement sur ses extrémités) ou torsadée (sur toute sa longueur) les torsions successives sans excès font perdre environ 30% de la longueur des fils initiaux (càd que des longueurs de fils de 2 m te donneront une corde finie d'environ 1.40 m pour une corde torsadée sur toute sa longueur.

 

dernière précision : quand je vante la corde à 3 torons je parle d'une expérience d'utilisation personnelle de plus de 15 ans expérience confortée par de nombreuses expérimentations, des lectures sur les techniques de corderie et des articles publiés à ce sujet. Je te conseille quand même d'être vigilant par rapport à certaines affirmations.  Un exemple avec l'affirmation de PhilB citée ci dessous :

"PS : un artisan a commercialisé une corde sous l'appellation "3 torons", vu mon imprécision de vocabulaire je ne sais si le terme est juste puisque en fait deux des "torons" sont traités de la manière habituelle des Flamandes, le troisième étant fortement vrillé sur lui-même puis autour des deux autres brins, ........."

je ne sais pas d'où viennent ces sources ou si il s'agit du poisson d'avril de "radio carquois" mais je peux te certifier que le mode de fabrication détaillé ci-dessus est complètement loufoque. Quelque soit le nombre de torons d'une corde il est indispensables qu'ils soient "commis" (c'est à dire assemblé) en une seule étape et que les 3 torons aient un indice de torsion (et donc de tension) identique. Si cet impératif technique n'et pas respecté, les parties les plus chargées de la corde fatiguent se rompent et entraînent la rupture de la corde .... 

L'exemple de PhilB relève peut-être d'une expérience réelle mais qu'elle résulte du travail d'un artisant qui n'y connaît rien en corderie .... L'exemple étant non pertinent il faut donc le classer dans la catégorie fake-news.

 

je t'invite don à être prudent dans tes recherches d'infos si tu le désires je dois avoir 2 ou 3 articles technique en pdf je peux te les envoyer par mail

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Il y a 2 heures, bigfoot a dit :

je ne sais pas d'où viennent ces sources ou si il s'agit du poisson d'avril de "radio carquois" mais je peux te certifier que le mode de fabrication détaillé ci-dessus est complètement loufoque. Quelque soit le nombre de torons d'une corde il est indispensables qu'ils soient "commis" (c'est à dire assemblé) en une seule étape et que les 3 torons aient un indice de torsion (et donc de tension) identique. Si cet impératif technique n'et pas respecté, les parties les plus chargées de la corde fatiguent se rompent et entraînent la rupture de la corde .... 

Je suis entièrement d'accord avec toi, si tu veux je te ferai des photos.

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Oui, il me semble que ça y ressemble, si le jaune et rose était moins torsadés, il faudrait que je vérifie et fasse des photos dès que j'ai un moment.

Edited by PhilB

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Il y a 11 heures, Baou a dit :

Parlez-vous de ce genre de commettage ? ?

ture29.jpg

si c'est de cela qu'il s'agit je ne vois pas l'intérêt de ce genre de fabrication pour une corde d'arc. On voit  clairement que le brin noir est commis (vrillé) en direction Z, sur le niveau inférieur (qui est commis est composé de 2 torons) commis en S. Vu l'opposition des sens de torsion il ne saurait y avoir égalité de tension entre le niveau inférieur (torons jaune et rouge) et le rajout supérieur (noir).

outre l'inégalité d'ampleur et l'inversion de sens de torsion (qui se voit à l'oeil nu) entre les deux niveaus de torsion, le toron noir est manifestement plus fin et non inséré dans les deux autre torons. lors de la mise en tension le niveau qui sera le plus sollicité en tension fera le travail tandis que le niveau le moins sollicité (jaurai tendance à dire le noir) ne travaillera pas ou peu.

 

Outre son intérêt ornemental pour une arc elfique genre "Seigneur des anneaux" Ce type de corde pourrait fonctionner à condition que les torons soient soient renforcés de manière à ce que chaque entité (le torons supérieur noir, ou les 2 torons inférieur jaune et rouge)puisse encaisser toute la force de l'arc (puisqu'ils ne travaillent pas de concert). Un tel procédé fournira une corde plus grosse et donc dans l'idéal moins efficiente ..... Ceci dit avec des fibres comme le fastflight on pourrait sans doute obtenir une corde de ce genre qui résiste mais techniquement aberrante .....

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il y a 34 minutes, bigfoot a dit :

si c'est de cela qu'il s'agit je ne vois pas l'intérêt de ce genre de fabrication pour une corde d'arc. On voit  clairement que le brin noir est commis (vrillé) en direction Z, sur le niveau inférieur (qui est commis est composé de 2 torons) commis en S. Vu l'opposition des sens de torsion il ne saurait y avoir égalité de tension entre le niveau inférieur (torons jaune et rouge) et le rajout supérieur (noir).

outre l'inégalité d'ampleur et l'inversion de sens de torsion (qui se voit à l'oeil nu) entre les deux niveaus de torsion, le toron noir est manifestement plus fin et non inséré dans les deux autre torons. lors de la mise en tension le niveau qui sera le plus sollicité en tension fera le travail tandis que le niveau le moins sollicité (jaurai tendance à dire le noir) ne travaillera pas ou peu.

 

Outre son intérêt ornemental pour une arc elfique genre "Seigneur des anneaux" Ce type de corde pourrait fonctionner à condition que les torons soient soient renforcés de manière à ce que chaque entité (le torons supérieur noir, ou les 2 torons inférieur jaune et rouge)puisse encaisser toute la force de l'arc (puisqu'ils ne travaillent pas de concert). Un tel procédé fournira une corde plus grosse et donc dans l'idéal moins efficiente ..... Ceci dit avec des fibres comme le fastflight on pourrait sans doute obtenir une corde de ce genre qui résiste mais techniquement aberrante .....

C'est bien ce que je pense aussi !

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il y a une heure, bigfoot a dit :

Outre son intérêt ornemental pour une arc elfique genre "Seigneur des anneaux"

Arc elfique ou pas c'est comme ça qu'il faut le voir et obtenir une corde efficiente ainsi doit demander un sacré savoir faire

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Il y a 10 heures, bigfoot a dit :

outre l'inégalité d'ampleur et l'inversion de sens de torsion (qui se voit à l'oeil nu) entre les deux niveaus de torsion, le toron noir est manifestement plus fin et non inséré dans les deux autre torons. lors de la mise en tension le niveau qui sera le plus sollicité en tension fera le travail tandis que le niveau le moins sollicité (jaurai tendance à dire le noir) ne travaillera pas ou peu.

Entièrement d'accord.

J'ai regardé comment était faite une corde de 15 brins en Astroflight. C'est bien 3 fois 5 brins, mais les 2 nappes de couleurs vives ici étaient beaucoup moins torsadées que le noir sur cette photo qui lui était torsadé très serré. Dans ce type de corde il me semble que la résistance ne tient qu'à celle de la nappe noire, ce qui n'est possible qu'avec les fils modernes comme l'Astro dont la résistance par brin est de l'ordre de 120 lbs.

Dès qu'un fil noir casse, les autres suivent et la corde se défait totalement. Je vais essayer de faire des photos …

Edited by PhilB

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Il y a 1 heure, MarcoP0l0 a dit :

....... obtenir une corde efficiente ainsi doit demander un sacré savoir faire

oui et non,  à la base c'est juste une question de tour de main. on peut ne rien comprendre à la constitution et au fonctionnement d'un dispositif et le reproduire de manière efficiente, cela s'appelle suivre un mode opératoire ou encore selon la 7e compagnie l'art du "touche pas à ca p'tit con". on applique ce qu'on à appris sans rien remettre en question. Ca marche ca e fait pas avancer le schmilblick et si à un moment ou à un autre de la transmission il y a des données qui ne sont pas transmise de génération en génération on finit par appauvrir le truc....

On peut également ne rien comprendre à un dispositif quelconque et l'utiliser à merveille : combien d'entre nous savent comment fonctionne un moteur à explosion ? et le pourquoi des différentes pièces etc .....

Je crois que les 2 situations sont présentes dans tous les groupes humains (quel que soit leur centre d'intérêt (pétanque, pêche à la ligne, tir à l'arc etc. ....) et ces deux situations relèvent de ce qu'on appelle "la tradition".

Une tradition technique réunit des savoirs et des compétences qui doivent tous deux être transmis avec idéalement (car c'est souvent oublié) la justification technique, et la capacité du questionnement.  Si on ne tansmet que le savoir et la compétence la tradition s'appauvrit 

un savoir est en bagage théorique, une compétence est un savoir mis en action, contrairement à ce que l'on pense souvent il n'est pas de compétence sans un minimum de savoir. Autre distinction souvent oubliée ce n'est parce qu'on à la compétence et le tour de main pour une réalisation quelconque qu'on à le savoir et les compétences pour l'enseigner.

il y a des artisans qui reproduisent une technique et la transmettent à des apprentis parfois sans bien connaître le comment et le pourquoi (c'est le coté reproductif immobiliste d'une tradition) et puis il y a les artisans qui eux reproduisent une technique se questionnent sur elle et par une réflexion bien menée font avancer la technique en apportant des améliorations bien réfléchies et étudiées. 

C'est toute la démarche qu'à suivi Duhamel Dumonceau (ouvrage cité plus haut) quand il a été chargé par Colbert d'harmoniser les pratiques de corderie pour la marine à l'époque de Louis XIV. Entre les ports de la façade atlantique et ceux de la côte méditérannéenne il y avait des pratiques tellement  différentes qu'il était quasiment impossible de rééquiper en cordage un navire dans un autre port que celui ou il avait été construit. Il a donc testé lesdifférentes techniques des différentes corderie pour ne garder que les meilleures et harmoniser la production ....

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Il y a 20 heures, bigfoot a dit :

oui et non,  à la base c'est juste une question de tour de main.

Je comprends tout à fait ce que tu dis et le terme que j'avais employé "un sacré savoir faire" était surement mal choisi, "une sacrée envie de sortir des sentiers battus" aurait peur-être été plus judicieux. Ceci dit, il me semble qu'autant la standardisation que le fait de sortir des sentiers battus sont productifs et qu'il ne faut à priori, ne rejeter ni l'un, ni l'autre. Tu cites Dumonceau, il a standardisé la corderie dans un contexte, un but et à un moment particulier et avec une méthode et des fibres aussi particulière, est-ce pour autant l'unique et la meilleure manière de faire des cordes, la réponse est évidemment non.

Et très honnêtement, le rejet de ce qui sort des sentiers battus, ça m'énerve. On retrouve, par exemple, des découvertes d'alchimistes, que ce soit légende ou réalité, dans la vie de tous les jours, le bain marie en est un. Dans d'autres cas, des vies auraient pu être sauvées, je pense en particulier à l'usage de la pénicilline pour combattre les microbes qui a été ignorée et rejetée pendant plus de trente ans.

Il en a fallu des révolutions coperniciennes pour passer des gréements du temps de Colbert à ceux d'aujourd'hui, aller du chanvre au polyéthylène en passant par l'acier, inventer de nouvelles techniques de matelotage et en réutiliser de très anciennes. C'est pourquoi j'ai réagi avec ma manière maladroite, face au rejet de cette corde, ma fois bien jolie à mon goût et faite ainsi, probablement dans un but esthétique. Je ne peux m'empêcher de me dire que l'avenir dira, si de telles cordes ont des qualités qu'on ignore et qui seront recherchées plus tard.

De même, je ne rejette pas les traditions et quand cela se produit, ça m'énerve tout autant, ayant été moi même responsable méthode et standard dans le but d’industrialiser le développement de logiciel. Le déploiement n'a pas été pas toujours simple, certains appliquaient sans comprendre les tenants et aboutissants, d'autres remettaient tout en cause sans comprendre l'intention. Dans les deux cas, ça posait problème et heureusement qu'il n'y avait pas qu'eux car c'était l'occasion d'échanges qui rendait le métier passionnant.

Pour conclure, je me dis que j'ai dû encore utiliser des mots, des termes ou des expressions à mauvais escient mais ce n'est pas grave car quand on m'en fait la remarque, ça me fait bien marrer, "Bienheureux celui qui sait rire de lui-même, il n'a pas fini de s'amuser." Joseph Folliet. Mais je déteste qu'on me critique et quand ça m'arrive, je me rappelle qu'en fumant un peu de chanvre, c'est vite oublié. Une fois de plus, je suis comme le berger, j'ai bien causé pour ne rien dire et je sais d'avance, que les brebis n'ont pas fini de se moquer.

Edited by MarcoP0l0
Othograhe

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Il y a 3 heures, MarcoP0l0 a dit :

Je comprends tout à fait ce que tu dis et le terme que j'avais employé "un sacré savoir faire" était surement mal choisi, "une sacrée envie de sortir des sentiers battus" aurait peur-être été plus judicieux. Ceci dit, il me semble qu'autant la standardisation que le fait de sortir des sentiers battus sont productifs et qu'il ne faut à priori, ne rejeter ni l'un, ni l'autre. Tu cites Dumonceau, il a standardisé la corderie dans un contexte, un but et à un moment particulier et avec une méthode et des fibres aussi particulière, est-ce pour autant l'unique et la meilleure manière de faire des cordes, la réponse est évidemment non.

Et très honnêtement, le rejet de ce qui sort des sentiers battus, ça m'énerve. On retrouve, par exemple, des découvertes d'alchimistes, que ce soit légende ou réalité, dans la vie de tous les jours, le bain marie en est un. Dans d'autres cas, des vies auraient pu être sauvées, je pense en particulier à l'usage de la pénicilline pour combattre les microbes qui a été ignorée et rejetée pendant plus de trente ans.

........

je suis partiellement d'accord avec toi, je crois que nos divergences de vues portent sur des imprécisions et des points de détails. Je vais essayer d'être plus clair.

Je ne suis pas contre la tradition (sinon je prendrai des cordes endless pour mes arcs tout bois .... parce qu'elles sont moins traditionnelles que les flemish)  mais je pense que la tradition doit être interrogée et analysée et jamais utilisée aveuglément.

Selon l'usage qu'on en fait et l'interrogation qu'on lui porte, une tradition peut progresser ou stagner voire reculer. 

petit exemple au sujet de ce post même, Si tu remontes sur le haut de la page tu verras que mon propos est parfaitement illustré par les différents intervenants (il y a des questions, des réponses traditionnelles justifiées et étayées ou non). Si je me penche sur mon passé d'archer,  quand j'ai commencé à faire des arcs je n'ai trouvé dans les livres traitant des cordes flemish que les cordes à deux torons (citons pour mémoire le livret de JM Cocche (qui contient d'ailleurs des erreurs techniques), le bouquin de H Greenland etc...). J'ai donc (à mon niveau) remis la "tradition" en cause sur base du savoir que j'avais dans des domaines voisins (corderie et utilisation des cordes en montagne et speleo).... Si tu regardes les cordes flemish que tu trouveras dans ton monde d'archers, tu verras surtout des 2 torons et pas des 3 torons .... j'en déduis qu'il y a chez nous un certains conservatisme ..... qui voisine avec un certain progressisme. A ce sujet je te suggère l'article sur la corde flemish (à 3 torons) de JM Lafond dans le TAM n° 45 (tout frais pondu), tu verras que l'auteur y fait mention d'un ouvrage de 1912 (Vauresmont) ou il est dit que les cordes doivent être composée de 3 torons. Il semblerait donc qu'entre 1912 et JM Cocche une forme de savoir aie évolué dans un sens qui la perte d'expérience et de savoir au détriment de la solidité.

Cette constatation m'amène à rapeller que contrairement à une idée reçue une tradition n'est jamais figée, qu'elle évolue lentement de manière parfois imperceptible et pas toujours dans la meilleure direction. Je pense qu'une tradition (qu'elle soit technique ou sociale) doit toujours être interrogée sous peine de la voir se figer et de se scléroser (ce qui entraîne en général la mort d'une tradition donnée (c'est surtout vrai par exemple dans les traditions de sociétés plutôt que les traditions techniques)).

Pour reprendre ton exemple à contre pied (excuse moi) rien ne dit que le bain marie soit une invention d'alchimiste (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bain-marie) , mais c'est parce que les alchimistes refusaient de remettre en cause la tradition que la chimie à mis tant de siècle à prendre son essor.  Il y avait chez les alchimistes un respect de la tradition et un rejet de la remise en question des dogmes qui a empêché tout progrès autres que dans les aspects techniques (distillation, four,  etc ....) . C'est également en suivant la tradition et l'héritage de Gallien que la médeçine a stagné jusqu'au milieu du 18e siècle. Au 19e siècle encore Pasteur (pour ne citer que lui) a dû mener de nombreux combats contre l'obscurantisme et la tradition médicale .... je ne parle pas non plus de la difficulté d'imposer les règles d'aseptie dans le milieu hospitalier dans le courant du même siècle...(https://www.allodocteurs.fr/se-soigner/histoire-de-la-medecine/ignace-semmelweiss-le-premier-medecin-a-se-laver-les-mains_17271.html)

je dirai que pour moi si la seule justification que l'on trouve à la tradition c'est une explication du genre : "parce que ...., on a toujours fait comme çà ...., me fait pas chier avec tes questions à la con ..., etc. ...."" on a toutes les chances d'être tombés sur un gars qui applique sans comprendre et sans avoir d'explication sur le pourquoi .... ce qui devrait conduire à se méfier du quidam en question voire à le fuir comme la peste

Pour moi un savoir traditionnel n'est pas un savoir primitif (et crois moi avec mon job je sais de quoi je parle), mais tout savoir quel qu'il soit doit toujours être questionné et ne doit jamais être utilisé sans reflexion ni discernement. Comme disait Aragon "rien n'est jamais acquis à l'homme ...."

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Il me semble; qu'à l'occasion d'un sujet précédent, ayant donné lieu lui aussi à la confrontation de points de vue différents, il avait été précisé que vouloir comparer la fabrication de cordes à partir de fibres naturelles dont la longueur individuelle est bien inférieure à celle de la corde que l'on veut obtenir avec la fabrication avec des fibres synthétiques (polymères) dont la longueur est pratiquement infinie n'était pas très judicieux.

Ai-je raison de rappeler cela dans le cadre du sujet actuel ?

Ensuite, ai-je également raison, de penser que ce que l'on attend d'une corde peut être différent selon les usages : solidité à la rupture en tension, solidité à la rupture aux chocs, solidité aux frottements, élasticité ou au contraire résistance à l'allongement ?

N'existe t'il qu'un mode de fabrication permettant d'atteindre tous ces objectifs. Je ne le pense pas et pour tout dire je suis plutôt convaincu du contraire.

Une corde utilisée en alpinisme, prévue pour amortir une chute en parois, se doit d'être suffisamment "élastique" mais doit être mise au rebus dès qu'elle a rempli son rôle lors d'un dévissage car sa résistance à la rupture devient alors insuffisante pour éviter l'accident lors d'une nouvelle chute. Cette élasticité absorbe le choc et évite la rupture de la corde. Ne jamais faire d'alpinisme ou d'escalade en cordée avec une corde non prévue pour cela.

Une corde utilisée en spéléologie pour une ascension ou une descente sur corde, ne requière pas du tout les mêmes qualités.

Ce sont des cordes fabriquée de façons différentes et chacune performante dans leur domaine.

Attend-t'on les mêmes qualités de toutes les cordes d'arc ? Ne peut-il pas y avoir différentes fabrications possibles correspondant à des usages et des attentes différentes ?

Pour ce qui est de la corde montrée en photo. Moi, il me manque les extrémités pour avoir un avis sur le bien fondé ou non de cette façon de faire.
J'aurais tendance à penser que la corde est en fait une corde torsadée à 2 torons (partie centrale) qui assure l'essentiel de la résistance. La partie en fibre noire, se comportant un peu comme une "gaine" ou un "tranche fil" avec des tours très espacés. Outre l'aspect esthétique particulier, ne peut t'elle pas renforcer la solidité de la partie centrale, en réduire l'élasticité, en maintenant les deux torons dans un contact plus étroit l'un avec l'autre ?

Ne peut t'on pas voir dans ce troisième composant, un élément positif, plutôt qu'un élément forcément négatif, ne pouvant qu'affaiblir la corde car de nature différente des 2 autres éléments ?  Je n'ai pas la réponse pour ma part, juste des interrogations.

Sans vouloir faire une comparaison très étroite, un peu comme les tiges de fer qui renforce le béton dans le cas du "béton armé" ou encore les alliages de métaux, le carbone et le fer dans l'acier, la paille et la terre du torchis, ...

Edited by Picpic45
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Ce n'est pas une corde d'arc mais une paracorde.

Pourquoi cette complexité de fabrication ?

paracorde.jpg.932b06a6102096f7ccd26628b1c7be11.jpg

Une gaine tubulaire tressée avec à l'intérieur : une "corde" à 3 torons (à droite de l'image), 7 petites "cordes" fils de retors à 2 brins (au milieu de l'image) et 12 "cordes" non toronnées écheveaux(à gauche de l'image).

Complémentarité pour aboutir à une corde plus performante ou assemblage inutile et nuisible à la performance ?

Est-ce que l'on a pris tout ce que l'on avait à disposition sous la main à l'instant t pour remplir l'intérieur de la gaine ou est-ce le fruit d'un raisonnement scientifique ?

C'est bien sûr du synthétique et non pas des fibres naturelles (lin, chanvre, ...)

NB : J'ai mis le mot "corde" entre "" dans ma description pour les différents éléments à l'intérieur de la gaine de la corde (mais en est-ce bien une ?) Je n'utilise probablement pas le bon vocabulaire.

Edited by Picpic45
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Il y a 4 heures, Picpic45 a dit :

Pour ce qui est de la corde montrée en photo. Moi, il me manque les extrémités pour avoir un avis sur le bien fondé ou non de cette façon de faire.
J'aurais tendance à penser que la corde est en fait une corde torsadée à 2 torons (partie centrale) qui assure l'essentiel de la résistance. La partie en fibre noire, se comportant un peu comme une "gaine" ou un "tranche fil" avec des tours très espacés. Outre l'aspect esthétique particulier, ne peut t'elle pas renforcer la solidité de la partie centrale, en réduire l'élasticité, en maintenant les deux torons dans un contact plus étroit l'un avec l'autre ?

là je suis très occupé, je rentre mardi, à ce moment j'essayerai de faire des photos détaillées, en fait pour les raisons exposées plus haut, il me semble que c'est la nappe noire qui supporte l'effort.

@ bigfoot : sur une corde Flamande il n'y a qu'aux poupées qu'on peut parler de torons, n'est-il pas ? Tous les fils des x nappes sont ensuite bien parallèles avant d'être vrillés de quelques tours ( 1 vrille par pouce étant conseillé pour les fils synthétiques) pour obtenir le band correct. Je n'ai jamais vu une corde casser au niveau toronné après les poupées, Veux tu dire que le fait d'avoir 3 torons aux poupées puisse renforcer la corde ?

 

 

 

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Il y a 3 heures, Picpic45 a dit :

Ce n'est pas une corde d'arc mais une paracorde.

Pourquoi cette complexité de fabrication ?

paracorde.jpg.932b06a6102096f7ccd26628b1c7be11.jpg

Une gaine tubulaire tressée avec à l'intérieur : une "corde" à 3 torons (à droite de l'image), 7 petites "cordes" fils de retors à 2 brins (au milieu de l'image) et 12 "cordes" non toronnées écheveaux(à gauche de l'image).

Complémentarité pour aboutir à une corde plus performante ou assemblage inutile et nuisible à la performance ?

Est-ce que l'on a pris tout ce que l'on avait à disposition sous la main à l'instant t pour remplir l'intérieur de la gaine ou est-ce le fruit d'un raisonnement scientifique ?

C'est bien sûr du mm  synthétique et non pas des fibres naturelles (lin, chanvre, ...)

NB : J'ai mis le mot "corde" entre "" dans ma description pour les différents éléments à l'intérieur de la gaine de la corde (mais en est-ce bien une ?) Je n'utilise probablement pas le bon vocabulaire.

Les cordes torsadées qui étaient utilisées en montagne en speleo et en voile on été remplacée par des cordes à gaine tressée comme sur ta photo parce que celle-ci conviennent mieux à l'utilisation d'équipements qui sont né dans les années 70 du siècles dernier. En fait l'utilisation de descendeurs métallique (petzl ou autre,)de frein et poignée d'ascension (jumar ou petzl de nouveau (mais il y a d'autres marques) sont plus compatibles avec ce genre corde qu'avec des cordes torsadées plus classiques.

quelques petites remarques :

les cordes d'alpinismes sont dites dynamiques parce qu'elles présente une élasticité importante, mais on ne compte pas uniquement sur celle-ci pour arrêter une chute du premier de cordée. Un bon second de cordée pratique une assurance dynamique en organisant lors de la chute un freinage progressif en laissant glisser (en la freinant) une certaine longueur de corde d'assurance avant de la bloquer pour amortir la chute en douceur. Si tu ne procède pas de cette manière corde de montagne dynamique ou pas tu obtiens un mauvais résultat : soit ton premier de cordée est tout cassé dans son cuissard soit tes relais et/ou ton point d'assurance (en tant que second de cordée) ne résisté pas. J'ai personnellement testé le truc il y a 3 ans en formation école de neige et de glace avec des guides. une assurance bloquée sans freinage dynamique avait entraîné l'arrachage du piolet d'ancrage et la glissade des 2 protagonistes hilares jusqu'au bas du névé d'école (c'est parce que c'était sans danger que le guide nous avait conseiller de le tester ....) et pourtant c'était de la corde dynamique...

Les cordes speleo sont dites statiques parce qu'elles n'ont qu'un allongement de quelques % (je ne me souviens plus des chiffres il y a longtemps que je ne joue plus à çà) sous une charge de 100 kg mais à charge de rupture elles présentent un allongement qui peut dépasser les 40 % (comme les cordes de montagne)

en alpinisme et en speléo les cordelettes en fastflight kevlar (ou autres équivalent commerciaux) ne sont utilisées que pour du matériel, coinceurs par ex et jamais en assurance directe. Dans le cas des dégaines utilisées en relais d'assurance l'élasticité en cas de choc est obtenue par rupture des coutures (qui sont multiples et bien différenciées pour pouvoir juger le matériel.

sur la corde que tu montres as-tu détoronnés des fils ou sont-ils en nappes sous la gaine ? s'agit-il d'une corde homologuée pour la montagne ou la spéléo et pour l'assurance (de mémoire diamètre 9 mm minimum ? Si oui le code couleur de ton repère d'usure est indicatifs de l'année de production de la corde ce qui te permet de savoir quand il faut la contrôler ou la déclasser (chute ou pas chute). On trouve actuellement des cordes tressées dans toutes les grandes surface de bricolage et ce n'est pas parce qu'elles ont le même aspect qu'elle sont homologuée (label CE anciennement UIAA)

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il y a 26 minutes, PhilB a dit :

.....

@ bigfoot : sur une corde Flamande il n'y a qu'aux poupées qu'on peut parler de torons, n'est-il pas ? Tous les fils des x nappes sont ensuite bien parallèles avant d'être vrillés de quelques tours ( 1 vrille par pouce étant conseillé pour les fils synthétiques) pour obtenir le band correct. Je n'ai jamais vu une corde casser au niveau toronné après les poupées, Veux tu dire que le fait d'avoir 3 torons aux poupées puisse renforcer la corde ?

....

 

 

sur une corde flamande je parle de torons en référence à la technique d'assemblage des fils/fibres (torsion et commettage ou contre-torsion), le fait qu'elle soit filées sur toute la longueur de la corde ou pas n'est pas pour moi un critère de distinction technique (même si cela peut jouer sur la solidité finale de la corde). dans ma réponse à picpic45 je parle de fils toronnés sous la gaine parce que c'est la technique d'assemblage utilisée.

au niveau technique je vois deux techniques principales de fabrication de cordes :

1. les cordes en écheveau dite s endless (constituées d'un faisceau de fils parallèles dans la cohésion est assurée par les surliures au niveau des poupées et du tranchefil (+ la torsion appliquées mais elle est normalement faibles)

2. les cordes filées pour lesquelles la cohésion des fils et de torons est obtenues en pratiquant au minimum 2 torsions opposée (torsion des fils constituant les torons en S ou Z), et torsion des torons constituant la corde en Z ou en S). Pour moi le fait que l'on fasse une corde flamande (dite aussi flemish) ou seules les extrémités sont filées, ou une corde filée sur toute sa longueur ne sont que des variantes d'une même technique de fabrication (on pourrait appeler la flemish type 2a et la filées complètement type 2b par ex)

L'endroit ou tu refermes la boucle d'une corde filée en réunissant les 10 derniers cm (on va pas mégotter sur la longueur) avec les fils qui formeront le reste de la corde est le point clé de la boucle (ce que l'on appelle couramment mais de manière erronée une épissure (techniquement c'est plutôt ce que les marins appelaient une "queue de rat")) si la tension entre les fils est bien réglée il n'y a pas de point de faiblesse mécanique et quand ta corde se rompra se sera de vieillesse au niveau d'un point faible quelconque d'un fil. sur des cordes flemish à boucle simples (qui semblent les cordes historiquement les plus traditionnelles et celle qui est décrite dans TAM n° 45 (voir plus haut)) j'ai déjà constaté des ruptures de vieillesse (après plusieurs milliers de tir au niveau du noeud.

La rupture au niveau d'un noeud est classique, car un noeud créée des tensions dans la corde (une partie des fibres composant la corde au niveau du noeud sont étirées tandis que d'autres sont comprimées) un noeud est toujours un point de faiblesse. Toujours par comparaison avec la montagne et la speléo, G Marbach avait mis en évidence par des test dans les années 70-80 qu'un noeud de chaise ne laissait à la corde qu'une résistance résiduelle de 52 % un double noeud de 8 ne laissait qu'une résistance résiduelle de 55 % de la résistance initiale de la corde (source : Techniques de la speleo Alpine G Marbach, J-L Rocourt). C'est en partie pour cela que les marins des siècles passés avaient mis au point les épissures, car en plus d'être permanentes elles affaiblissaient moins la corde (de l'ordre de 20 % quand  même). Ceci dit j'imagine que même une boucle en queue de rat comme on fait pour les cordes d'arcs créée des tensions entre les fibres et un certain affaiblissement de la corde.

quand je plaide pour les cordes à trois torons c'est parce qu'elle permettent une meilleure répartition des efforts entre tous les torons  tout au long de la partie filée qu'il s'agisse d'une corde filée 2a ou 2 b. Il y a donc statistiquement moins de risque d'avoir des faiblesses à certains endroit de la corde; faiblesse qui peuvent être dues à des irrégularités dans les fils par exemple.

Autre cause de rupture que j'ai déjà constaté même sur des cordes en écheveau (endless) en dacron : au niveau du tranchefil si celui-ci est trop serré. Je suppose que c'est dû à une compression excessive de certains fils qui ne travaillant pas comme les autres causent une surcharge sur les autres fils .... la corde en question a fait quelques centaines de tir avant de casser dans le tranchefil (le problème doit être connus des fabricants de tranchefileuse puisqu'ils intègrent un système de tension réglable de la bobine)

 

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